Rumeur de pénurie de gaz : pourquoi les achats de précaution créent la file d'attente
Le 29 octobre 2026, au Gabon, la société de stockage pétrolier SGEPP a démenti une pénurie de carburant et de gaz et demandé aux consommateurs d'éviter les achats de précaution, qui créent eux-mêmes les files d'attente. Le Cameroun a vécu le même mécanisme en septembre. Dans les deux cas, l'information sur les stocks a servi à calmer la demande ; il manque encore la même information à l'échelle de chaque cuisine.

Que s'est-il passé au Gabon ?
Fin octobre 2026, des rumeurs de rupture de carburant ont circulé dans le Grand Libreville. Le jeudi 29 octobre, la Société gabonaise d'entreposage de produits pétroliers (SGEPP) a publié un communiqué pour rassurer : selon elle, les quantités de carburant et de gaz entreposées dans ses dépôts sont à un niveau satisfaisant et suffisent à approvisionner les stations-service sur l'ensemble du territoire (Infos Gabon, 30 octobre 2026).
La SGEPP a surtout demandé aux consommateurs de garder leurs habitudes d'achat. Stocker des quantités inhabituelles en réponse à une pénurie non confirmée, explique-t-elle, crée une hausse artificielle de la demande, engorge les points de vente et complique le travail des distributeurs. Le journal résume le mécanisme en une phrase : l'inquiétude peut produire elle-même les déséquilibres qu'elle redoute.
Comment une rumeur crée-t-elle une file d'attente ?
Le mécanisme est simple. Un réseau de distribution est dimensionné pour la demande habituelle : chaque ménage recharge quand sa bouteille est vide, à son rythme, et les recharges s'étalent dans le temps. Quand une rumeur circule, beaucoup de ménages veulent recharger en même temps, y compris ceux dont la bouteille n'est pas vide. La demande d'une semaine arrive en un jour, les files se forment, et la file d'attente semble confirmer la rumeur.
Pour le gaz en bouteille, l'effet est amplifié par l'échange. Un ménage qui veut une bouteille d'avance doit trouver une bouteille pleine de la bonne marque, et les points de vente qui en ont attirent tout le quartier. Le point de vente vide alimente alors la rumeur suivante.
Le Cameroun a vécu la même chose en septembre
En septembre 2026, de longues files se sont formées devant des points de vente de Yaoundé et de Douala. La SCDP a publié le 17 septembre une mise au point intitulée « une tension localisée, pas une pénurie » : les difficultés se concentraient autour d'un marketer dont les détenteurs de bouteilles peinaient à recharger ou à échanger, tandis que d'autres marketers disposaient du produit (SCDP, 17 septembre 2026 ; voir notre article sur le stockage et la logistique).
Le lendemain, la SCDP a détaillé ses stocks dépôt par dépôt (SCDP, 18 septembre 2026). Elle évalue la demande nationale de gaz domestique à environ 1 500 tonnes par jour. Le dépôt de Bonabéri ouvrait alors de 5 heures à 23 heures. Yaoundé disposait d'environ trois jours d'autonomie, Bertoua de neuf jours, Maroua d'environ cinq jours. Dans l'Ouest, les tensions ponctuelles venaient, selon la SCDP, de l'état de la route qui dessert le dépôt, et non d'un manque de produit.
Ce que l'information sur les stocks change, et ce qui lui manque
Au Gabon comme au Cameroun, l'exploitant des dépôts a répondu à la rumeur par des chiffres : des stocks, des jours d'autonomie, des navires en déchargement. C'est la bonne réponse à l'échelle d'un pays. Elle ne dit pourtant rien au ménage de sa propre situation. Face à une rumeur, celui-ci ne sait pas s'il lui reste deux jours de gaz ou deux semaines, et la précaution l'emporte.
C'est l'information que MyGaz apporte à l'échelle de la cuisine. Le capteur UltraSense estime le niveau de gaz depuis le dessous de la bouteille, le boîtier UConnect l'envoie par le réseau mobile, et l'application MyGaz affiche le niveau et une estimation des jours restants, calculée sur le rythme de consommation du foyer. Un ménage qui sait qu'il lui reste du gaz pour plusieurs jours peut commander à son rythme plutôt que de rejoindre la file. Et l'agence de livraison voit les besoins réels arriver, ce qui l'aide à répartir ses tournées quand l'approvisionnement se tend (voir les agences, premier maillon du réseau pilote).
MyGaz mesure le niveau de gaz, pas les fuites. En période de tension, les bons gestes ne changent pas : vérifier à la réception que le scellé est intact et que la bouteille ne sent pas le gaz, puis suivre les conseils de notre page sécurité du gaz.
Sources
Infos Gabon, « Carburant au Gabon : la SGEPP écarte le risque de pénurie et appelle au calme », 30 octobre 2026.
SCDP, « Gaz domestique : une tension localisée, pas une pénurie », 17 septembre 2026.
SCDP, « Le dépôt de Bonabéri mobilisé pour garantir l'approvisionnement national en gaz domestique », 18 septembre 2026.
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